
Presque tout ce qui se raconte sur les tournages porno provient du produit fini. C’est logique, et pourtant trompeur : un film montre vingt minutes sur douze heures de travail, et les onze heures quarante minutes coupées sont la partie qui compte pour toi. Les sept idées suivantes reviennent régulièrement lors des entretiens de candidature. Chacune est ici confrontée à la pratique, à ce qui peut être démontré et à ce qui reste ouvert. Lorsque la réponse est inconfortable, elle est tout de même donnée.
Mythe 1 : « Sur le plateau, tout le monde est constamment excité »
Une journée de tournage, c’est du travail, et le travail ressemble à du travail. Entre les prises, on réinstalle la lumière, on vérifie le son, on change de perspective et on contrôle la continuité. On parle, on boit, on regarde son téléphone. L’ambiance de base sur un plateau qui fonctionne est concentrée et sympathique, pas chargée sexuellement.
Pour toi, cela a une conséquence importante : on n’attend pas de toi une excitation permanente. On attend que tu suives les instructions, que tu tiennes les positions et que tu respectes les accords convenus. Les réactions physiques vont et viennent, c’est bien connu, et une équipe expérimentée en tient compte dans sa planification.
On ne peut pas vraiment s’étonner de l’origine de ce mythe. La vidéo terminée montre précisément les minutes pendant lesquelles il se passe quelque chose et élimine les heures où l’on installe des câbles et règle les diaphragmes. Quiconque déduit le processus de travail du résultat arrive forcément à une image fausse.
Mythe 2 : « Tout est tourné en une seule prise »
Le tournage se fait par courtes séquences. Une même action est réalisée en plusieurs prises, sous différents angles, avec des changements de position qui servent l’image et non les sensations. Entre-temps, l’éclairage est corrigé parce qu’une ombre tombe mal, ou la scène est recommencée parce qu’un bruit extérieur s’est retrouvé sur la piste audio.
De plus, les scènes ne sont pas tournées dans l’ordre dans lequel elles seront ensuite vues. Ce qui se suit immédiatement dans la vidéo terminée peut être séparé de plusieurs heures sur le plateau, parce que l’on tourne ensemble ce qui nécessite la même installation lumineuse.
Pour les personnes impliquées, cela signifie que l’on s’arrête et que l’on reprend, souvent au milieu d’un mouvement. C’est le point qui surprend le plus les débutants, car le résultat final ne montre rien de ces coupes. Ce que cela implique pour ton métier est expliqué dans notre article sur le travail autour du casting et de la date de tournage.
Mythe 3 : « Quand on a tourné une fois, on est marqué pour toujours »
La réponse honnête est la suivante : c’est partiellement vrai, mais mal compris. Il est vrai que le contenu publié reste en ligne. Ce qui a été diffusé sur Internet a pu être copié, et une suppression demandée au cocontractant ne permet pas d’effacer les copies détenues par des tiers. Celui qui présente les choses autrement promet quelque chose qu’il ne peut pas tenir.
La conclusion que beaucoup en tirent est fausse. L’activité elle-même n’est pas une voie à sens unique. Des personnes tournent pendant deux ans puis arrêtent, continuent à travailler à côté ou changent complètement de voie. Ce que tu peux influencer, c’est l’étendue des droits d’utilisation que tu accordes : durée, territoire, canaux. Cette décision se prend avant le premier tournage, et non après, et elle est plus importante que la question de savoir si tu tournes ou non.
Mythe 4 : « Il faut tout accepter »
Non. La liste oui-non-peut-être fait partie du contrat ; ce n’est pas une déclaration d’intention polie. Ce qui y est exclu ne sera pas demandé, ni contre un supplément, ni avec l’argument que tout le monde le ferait.
Tu as également le droit d’arrêter à tout moment, même pour quelque chose auquel tu avais donné ton accord auparavant. Le consentement n’est pas quelque chose que l’on donne une fois le matin et qui vaut ensuite pour toute la journée. Avant le début du tournage, on détermine qui est ta personne de contact et quel mot arrête immédiatement le tournage. Un non n’a aucune conséquence sur le cachet convenu. La manière dont ces règles sont organisées chez nous est expliquée dans la rubrique Sécurité sur le plateau.
Ce mythe persiste parce qu’il est envisagé du mauvais côté. On imagine qu’une pression liée aux attentes s’installe sur le plateau et qu’on y est soumis. En réalité, c’est l’inverse : une production planifie en fonction de ce qui a été accepté, car tout le reste coûte du temps et de l’argent. Ta liste est aussi utile à la planification qu’à toi.
Mythe 5 : « Il n’y a pas de règles dans ce secteur »
Il y a plutôt davantage de règles que dans de nombreux autres domaines ; elles sont simplement invisibles de l’extérieur. Voici trois exemples qui concernent chaque journée de tournage.
- Préservatif obligatoire. Pour les rapports vaginaux et anaux, il est obligatoire sans exception, que toutes les personnes impliquées présentent ou non des tests récents.
- Tests obligatoires. Un panel de tests de dépistage des STI doit être présenté ; il ne doit pas dater de plus de 14 à 30 jours le jour du tournage. La production en prend les frais à sa charge.
- Obligation de documentation. Aucune publication n’est autorisée sans preuve documentée de l’âge au moyen d’une carte d’identité ou d’un passeport. C’est pourquoi la pièce d’identité est contrôlée et copiée sur le plateau, et c’est pourquoi un permis de conduire ne suffit pas.
Lorsque ces règles font défaut, ce n’est pas un signe de liberté, mais d’amateurisme. Une production qui les contourne met en danger à la fois sa propre exploitation commerciale et ta sécurité.
Mythe 6 : « Tout le monde prend de la drogue »
Pas sur les plateaux sérieux. La raison tient moins à la morale qu’à la validité juridique : un consentement donné sous l’emprise de l’alcool ou de drogues n’est pas fiable juridiquement, et il manque donc la base légale permettant de tourner. Les productions qui veulent travailler de manière prévisible n’ont aucun intérêt à cela.
Ce qui en découle pour toi est plus important que la rectification du mythe. Un plateau où l’alcool ou des substances circulent est un signal d’alerte, quelle que soit l’impression de décontraction de l’ambiance. En général, d’autres éléments font également défaut : des accords clairs, des documents, des pauses, des personnes de contact. Dans cette situation : arrête, pars, signale la situation. Il n’existe pas de chiffres fiables sur la fréquence de la consommation de substances dans le secteur allemand, et nous n’en inventons pas.
Mythe 7 : « Une journée de tournage rapporte beaucoup d’argent pour peu d’efforts »
Les tarifs à la journée sont corrects. Une production vidéo rapporte entre 400 et 1 200 euros par journée de tournage, une production photo entre 250 et 600 euros, et un accompagnement événementiel sans actes sexuels entre 200 et 500 euros. C’est la partie qui est vraie.
L’autre partie est la suivante : avec le trajet, la préparation, le temps d’attente et les démarches administratives, une journée de tournage dure souvent dix à douze heures. Il faut en déduire les frais de déplacement, la préparation et les tests, et, comme il s’agit d’une activité indépendante, le bénéfice est imposable. Le paiement est effectué par virement dans un délai de 14 jours, et non sur le plateau.
Mais surtout, les missions sont irrégulières. Quand on débute, on tourne rarement souvent au cours des premiers mois, et un tarif journalier multiplié par un nombre de jours de tournage souhaité ne constitue pas un revenu annuel. Nous avons expliqué à quoi ressemble le calcul réaliste dans Combien gagne une actrice porno.
Remarque : cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou médical.
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