Lexikon · Sicherheit und Consent
Mot de sécurité
Un mot convenu à l'avance qui met immédiatement fin à l'enregistrement en cours, sans que personne ne demande pourquoi.
Un mot de sécurité, c’est un mot convenu avant le tournage qui met immédiatement fin à la prise en cours — sans confirmation, sans justification, sans discussion sur la raison. C’est le « bouton d’arrêt d’urgence » du plateau et ça marche de manière binaire : soit il est prononcé, soit il ne l’est pas.
On l’utilise parce que beaucoup de choses sont jouées à l’écran. Un « non » peut faire partie de la scène, un « stop » peut faire partie du rôle, un « arrête » peut être mal interprété comme une consigne de mise en scène à l’intention de la caméra. Le mot de sécurité se situe en dehors de ce niveau.
Pourquoi ce mot ne doit pas apparaître dans le contexte
Un mot de sécurité doit être choisi de manière à ne jamais être prononcé par hasard au cours d’une scène. Tout ce qu’une personne pourrait dire pendant un rapport sexuel est donc exclu : « non », « stop », « arrête », « attends », « doucement ». Ces mots sont ambigus, et l’ambiguïté est justement ce qu’il faut éviter ici.
Les noms neutres sans aucun rapport avec la situation ont fait leurs preuves : un fruit, un meuble, un nom de lieu. Le mot doit être court, facile à prononcer et compréhensible même si tu as la voix tendue. Si tu choisis un mot fantaisiste compliqué, tu ne l’auras pas en tête au moment crucial.
Qui doit le connaître ?
Pas seulement ton partenaire de scène. Le mot de sécurité doit être communiqué lors de la réunion préparatoire à toutes les personnes présentes dans la pièce pendant le tournage : réalisateur, caméraman, son, éclairage, assistants. Chacune de ces personnes doit savoir qu’elle doit arrêter tout travail dès qu’elle entend ce mot, peu importe qui l’a prononcé.
Ça marche dans les deux sens. Ton partenaire de scène en a un aussi, et tu dois le respecter. Le plus simple, c’est d’avoir un mot commun pour toute la scène, qui soit noté dans la feuille de tournage ou au moins lors de la réunion préparatoire.
Ce qui se passe après le « stop »
La caméra s’arrête, l’action prend fin, tout le monde prend ses distances. Pas de questions du genre « est-ce qu’on pourrait quand même continuer ? ». Celui qui continue à tourner après un mot de sécurité ou qui tente de convaincre de continuer ne commet pas une négligence, mais un dépassement de limites.
Ensuite, trois options s’offrent à toi, et c’est toi qui décides laquelle s’applique : faire une pause et reprendre plus tard, changer de scène ou mettre fin à la journée de tournage. Aucune de ces options n’est mauvaise. La manière dont la rémunération est gérée dans ces cas-là est précisée dans la rubrique « Droit d’interruption ».
Les limites de cet outil
Un mot de sécurité, c’est une issue de secours, pas un moyen de contrôle. Il ne connaît que deux états : continuer ou arrêter, et c’est justement là qu’il échoue souvent au quotidien : quand on a juste besoin de ralentir un peu le rythme, on hésite, car ce mot met fin à tout le tournage.
Pour ces situations intermédiaires, il y a le code des feux tricolores, qui permet de donner des retours plus nuancés. L’idéal, c’est de combiner les deux : le code des feux tricolores pour le déroulement normal, et le mot de sécurité pour les cas où il faut arrêter tout de suite.
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